Ciné/The Father

C’est indéniablement le film à voir pour cette sortie de confinement. 

The Father est l’adaptation ciné de la pièce de théâtre de Florian Zeller, longtemps donnée rue de la gaité à Montparnasse (Paris). C’est l’histoire bouleversante d’un homme, Antony, rôle magistralement endossé par Antony Hopkins, que la maladie d’Alzheimer égare de plus en plus. Et nous avec lui.

Un huis clos où « il se passe quelque chose d’étrange »

Florian Zeller, qui réalise avec ce film son premier long métrage, a voulu recréer le « labyrinthe d’incertitudes » qui se tisse autour des personnes, Antony reconnait et ne reconnait plus sa fille, très belle interprétation d’Olivia Colman, ni la jeune femme qui est sensée « s’occuper de lui », tandis que le décor évolue lentement, au fur et à mesure que le personnage s’égare loin de la réalité, manifestant à la fois la perte des repères et le trouble, la confusion qui s’installe de façon très subtile avec les évènements, la mémoire qui s’enraye… Sur ce sujet grave, le propos ne verse jamais dans le pathos, c’est sans doute aussi ce qui en fait aussi la force. 

Le film, sensible, est soutenu par une très belle photographie. Le cadrage sur les visages, les plan fixes, servent avec brio les émotions qui traversent chacun des personnages : de la colère, de la peur, moment poignant où Antony cherche à se protéger des coups de Paul, à la méfiance… La tristesse, les déconvenues d’Anne, sa fille dont les efforts sont toujours insuffisants et à qui son père préfère Lucy, son autre fille, l’artiste peintre, éternelle absente, qu’il réclame à cor et à cri. 

Une très belle page d’humanité qui plonge le spectateur dans la lente dérive d’un homme qui s’approche de la mort. La fin est plus qu’émouvante. 

Plusieurs fois nominé, le film a reçu 2 oscars bien justifiés : celui du meilleur acteur pour Antony Hopkins et celui du meilleur scénario adapté pour Christopher Hampton, Florian Zeller. Mais je ne peux pas m’empêcher de regretter : pourquoi diable fallait-il que Florian Zeller fasse traduire sa pièce pour l’adapter en anglais. N’y avait-il vraiment d’Antony Hopkins pour jouer le rôle du père ?

2 commentaires sur “Ciné/The Father

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