Ciné/L’ombre de Staline

Puisque nous sommes de nouveau confinés, c’est le moment de voir des films qui vous ont peut-être échappés. Celui-ci est sorti cet été. Alors que nous expérimentions le bonheur d’une liberté retrouvée après des mois d’un impitoyable confinement et malgré le soleil, par une nuit chaude d’août, je me suis enfermée dans une salle obscure pour aller voir L’ombre de Staline. Ce film de la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland, inspiré d’une histoire vraie, fait plonger dans l’univers glaciaire de la Russie de l’entre-deux guerres. Il inspira à George Orwell, la ferme aux animaux, publié en 1945, dont le spectateur suit l’écriture, énigmatique, tout au long du film, contribuant à entretenir une atmosphère d’oppression et d’incompréhension. De fait, ce n’est pas du tout un film drôle, loin s’en faut. Par moment, les images, le récit sont presque insoutenables. Projeté de l’Angleterre à la Russie jusqu’en Ukraine, on n’y passe un sale quart d’heure. Sans regrets.

Allez, je vous raconte en deux mots de l’intrigue… Gareth Jones a les dents longues. En 1933, après avoir interrogé Hilter, ce jeune journaliste gallois qui parle couramment russe traque à la radio les nouvelles de l’URSS. Les soviétiques vantent un miracle et, dans la vieille Europe dévastée par plusieurs guerres, une prospérité contradictoire avec l’état des caisses qui interroge. Les thèses de Gareth Jones font rire les Lords, lui les prend très au sérieux. Aussi quand son employeur le remercie, il falsifie une lettre de recommandation et part sur place pour interviewer Staline. Ce qu’il va découvrir au cours de son enquête dépasse l’imagination et le conduira aux portes de la mort. A son retour, comment raconter l’horreur ?

Autant vous dire, mais vous l’aviez compris, rien ne nous est épargné : ni la débauche obscène et complaisante des expatriés, ni la réalité épouvantable du crime de l’Holodomor, famine programmée de l’Ukraine, qu’il découvrira. Pour Agnieszka Holland, il s’agit d’un acte de mémoire : « Contrairement aux crimes nazis, entrés dans la conscience mondiale, les crimes communistes ont été oubliés, et même pardonnés ».

Évidemment, je vous recommande ce film qui décrit, tenant le spectateur dans un remarquable suspens, une réalité trop ignorée. Plus jamais ?

Un commentaire sur “Ciné/L’ombre de Staline

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  1. Oui c est un film glaçant, vu aussi pendant la canicule estivale de Paris. Cette famine épouvantable et programmée en Ukraine, passée sous silence est en effet oubliée. Très beau film informatif de l époque Stalinienne, mené par un beau rôle d acteur.

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