Sur le zinc/Le courrier de l’été

C’était il y a quelques années. De retour de vacances, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres une jolie carte postale : un vélo rouge dans un sous bois, le panier sur le guidon était rempli de fleurs. Au dos, deux ou trois lignes pas plus, une signature indéchiffrable, mais c’était bien mon nom au dos de la carte. Cette lettre inattendue d’un inconnu, j’apprendrais beaucoup plus tard qu’elle venait de l’attention pleine de charme d’un voisin très malade, était une jolie surprise. Quelque chose de rare. De si rare que la carte est encore collée sur mon frigidaire.

Écrire plutôt qu’envoyer un SMS, plutôt que de s’afficher sur Instagram, de s’exhiber sur Facebook, plutôt que de se « selfier » sur un fond idyllique. Écrire pour renouer, non plus avec l’instant émotion, mais avec le temps, celui des sentiments, pour dire l’affection, ou simplement l’attention, et entrer dans la durée de l’amitié. Voilà tout ce que portait cette brève épistole. Sans compter l’insolite de trouver dans sa boite une carte parmi les factures et le marketing débordant des associations caritatives.

Mine de rien, ce gentil voisin, qui était parfois bien maladroit, m’a beaucoup appris.

D’un coeur à l’autre

La carte postale, la lettre qu’on envoie implique d’abord de choisir un papier ou bien la photo qui correspondra la mieux à son destinataire, proche de ses goûts. Elle oblige à penser à ce plus ou moins intime, à prendre de temps de s’arrêter pour réfléchir au message qu’on veut lui adresser. Elle est une expérience du cœur et de l’intelligence, qui part, bon petit soldat, à la rencontre sincère de l’autre. Il est assez rare qu’on prenne le temps d’écrire une carte postale pour insulter quelqu’un et je me sens toujours très petite quand je dois griffonner trois mots au dos d’une carte dont j’espère qu’elle fera plaisir.

Quand je reçois quelques mots en couleur par la poste, j’aime la lire, la relire, y revenir ; elle porte l’histoire qui s’écrit et me lie à son expéditeur.

J’ai pris l’habitude, de plus en plus souvent, quelque soit l’endroit du monde où je me trouve, d’envoyer ces messages format carte postale à ceux que j’aime et qui parfois, ne m’en disent rien. Toutes les occasions sont bonnes, une expo sympa, un voyage,… je trouve très agréable de m’inviter, si discrètement, mais sensiblement, auprès de ceux que j’aime.

Cet été… ne m’oubliez pas, écrivons-nous !

2 commentaires sur “Sur le zinc/Le courrier de l’été

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  1. Je partage complètement ce plaisir généreux de la carte postale.
    La photo des boîtes aux lettres est superbe, mais je n’y ai pas trouvé ton nom…

    J'aime

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