Livre/Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas

Confinement, fin de la semaine 4. Après avoir longuement exploré les recoins de son chez-soi, il flotte dans l’air comme un besoin d’espaces et d’aventures. Alors je vous ai choisi un morceau de choix.

Vous l’avez découvert en de multiples adaptations, variations, en film, en série, en bande dessinée, pour enfants, pour adultes… Comme vous, j’avais l’impression de connaître l’histoire par cœur, d’avoir grandi avec elle. Pourtant, quand j’ai ouvert Les trois mousquetaires, j’ai été subjuguée par la qualité d’un texte que j’ignorais. L’histoire est fantastique, l’écriture l’est tout autant. Ce qui m’a sans doute le plus frappé, c’est l’humour qui s’invite à chaque page. Je pensais lire un livre historique, sérieux, mais c’est surtout drôle, léger, extrêmement vivant.

Si d’Artagnan endosse avec panache son statut de héros, un peu naïf et vaguement ridicule au début, il force l’admiration au fur et à mesure du récit, tandis que les mousquetaires de sa majesté, tout droits et loyaux qu’ils apparaissent, d’une bonne volonté à toute épreuve, sont aussi éminemment susceptibles, surtout ne pas les provoquer, emportés, et brillent par leurs côtés fantasques. L’aventure est délicieusement ponctuée des facéties de ce quatuor insaisissable, « tous pour un, un pour tous », et de leurs laquais aux qualités irremplaçables.

Du côté des méchants, Milady, dont la noirceur d’âme n’a d’égal que la beauté, campe une adversaire de premier ordre. Comment vous la présenter ? « Milady, ivre de colère, rugissant sur le pont de bâtiment comme une lionne qu’on embarque, avait été tentée de se jeter à la mer pour regagner la côte, car elle ne pouvait se faire à l’idée qu’elle avait été insultée par d’Artagnan, menacée par Athos et qu’elle quittait la France sans se venger d’eux ». Et quelques 120 pages plus tard : « En débarquant à Portsmouth, Miladay était une Anglaise que les persécutions de la France chassaient de La Rochelle ; débarquée à Boulogne, après deux jours de traversée, elle se fit passer pour une Française que les Anglais inquiétaient à Portsmouth, dans la haine qu’ils avaient conçue de la France ». Funeste destin que celui qui sera réservé à cette femme au cœur froid.

Faut-il vous raconter l’histoire ? Au temps du roi Louis XIII, les mousquetaires du roi s’opposent à la garde du Cardinal de Richelieu. Du rythme, des rebondissements, du danger, des blessures, des intrigues nombreuses, quelques invraisemblances, vous emportent, cravachant votre monture, sur les routes de France et d’Angleterre pour défendre l’honneur de la reine, Anne d’Autriche, dont il faut à tout prix reprendre les ferrets…

L’avantage de relire le roman, c’est qu’on y découvre aussi des scènes oubliées, absolument exceptionnelles. Comme celle où les quatre complices prennent le chemin du bastion Saint-Gervais, c’est-à-dire de la ligne des combats, sous prétexte d’un pari, pour y déjeuner, afin, en réalité, d’échapper aux oreilles indiscrètes et tenir conseil :

Ou encore celle où Athos, Portos, et Aramis s’installent sous la conduite d’un tuyau de poêle, ayant pris « leurs aises », « leurs têtes rapprochées et l’oreille a guet », pour espionner le Cardinal et Milady. Il y en aurait évidemment bien d’autres…

« Cette fois, une petite troupe s’avançait composée de vingt-cinq hommes (…), c’étaient des soldats de la garnison. « Si nous retournions au camp ? dit Porthos, il me semble que la partie n’est pas égale. – Impossible pour trois raisons, répondit Athos : la première, c’est que nous n’avons pas fini de déjeuner ; la seconde, c’est que nous avons encore des choses d’importance à dire ; la troisième, c’est qu’il s’en manque de dix minutes que l’heure soit écoulée. – Voyons, dit Aramis, il faut cependant arrêter un plan de bataille. – Il est bien simple, répondit Athos (…).

A l’origine de ce morceau de bravoure, Alexandre Dumas, alors en panne d’inspiration, trouve dans les archives de la Bibliothèque nationale Les Mémoires de Mr d’Artagnan, capitaine lieutenant de la première compagnie des mousquetaires du roi. L’ayant feuilleté, l’écrivain l’emporte chez lui et se met à écrire sans discontinuer. L’histoire veut que l’exemplaire n’ait jamais  été rapporté…

Si comme moi, une fois terminé, vous fermez le livre à regret, sachez que vous pourrez retrouver d’Artagnan et ses compagnons dans Vingt ans après. En garde Mousquetaire !

Fiche technique du livre
Auteur : Alexandre Dumas
Editeur : Poche, 2002 – Première publication 1844
Nb de pages : 888 pages
Genre : Roman de cape et d’épée

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