Livre/La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier

Delft aux Pays-Bas, 1664. Tracy Chevalier fait entrer son lecteur dans l’atelier du peintre Vermeer pour suivre l’histoire imaginée de son célèbre chef d’œuvre, La jeune fille à la perle.

L’accident qui privera son père, céramiste de renom, conduit sa fille, Griet, alors âgée de seize ans, chez le peintre Vermeer où elle est engagée comme servante.

Leur rencontre a lieu autour d’une palette de couleurs : « L’homme m’observait de ses yeux gris comme la mer. Son visage allongé, anguleux, reflétait la sérénité alors que celui de son épouse était aussi changeant que chandelle au vent. Il ne portait ni barbe, ni moustache, d’où cette apparence nette que j’appréciais (…). Son chapeau était enfoncé sur sa chevelure couleur de brique défraîchie par les intempéries ».

Si la jeune fille aux grands yeux noirs a très vite acquis la confiance du peintre, elle doit composer avec la jalousie de son épouse, le regard de la mère de cette dernière tantôt froid, tantôt complice, les prérogatives du reste du personnel… Sa grande beauté, son allure altière, attire l’attention de Van Ruijven.

« Il allait peindre mon portrait. »

Au fil des pages, comme une menace, on parle de faire son portrait : la tension dramatique se noue autour de trois figures d’homme. Le peintre qui l’associe à son travail, son mécène, le riche Van Ruijven et Pieter, le jeune fils du Boucher, épris de Griet.

« Maintenant, regardez-moi. » Je tournais la tête et le regardai par dessus mon épaule droite. Ses yeux s’immobilisèrent dans les miens et tout ce qui me vint à l’esprit ce fut que leur gros me rappelait m’intérieur d’une coquille d’huître. Il me semblait attendre quelque chose. Mon visage commença à refléter ma crainte de ne pouvoir le satisfaire. « Griet », reprit-il avec douceur. Il n’eut point besoin d’en dire davantage, mes yeux s’emplirent de larmes. Je les retins, je savais maintenant. « Oui. Ne bougez pas ». Il allait peindre mon portrait.

À travers l’histoire que Griet raconte à la première personne, l’auteur réalise une magnifique peinture de la société de cette époque. Aux choix artistiques novateurs du peintre, lumière, pose, attitude, se mêlent les craintes d’une jeune femme intègre prise dans un engrenage qu’elle ne maîtrise pas.

« Je m’arrêterai à l’intérieur du cercle de dalles au milieu duquel se trouvait l’étoile à huit branches.« 

La ville de Delft elle-même est un personnage du livre : ses quartiers où vivent les communautés séparées de protestants ou de papistes, fracturés encore par l’épidémie de peste. À deux reprises, le centre de la place du marché devient le lieu d’un choix de vie crucial pour Griet.

« Parvenue au centre de la place, je m’arrêterai à l’intérieur du cercle de dalles au milieu duquel se trouvait l’étoile à huit branches. Chaque branche pointait vers une direction que je pouvais suivre (…). Une fois que j’aurais fait mon choix, le choix que je savais devoir faire, je placerais minutieusement mes pieds sur la pointe de la branche et suivrais d’un pas ferme la direction qu’elle m’indiquerait ».

Tracy Chevalier signe un très beau roman, riche, soutenu par un récit serré et prenant que je vous laisse le soin de découvrir…

Fiche technique du livre
Auteur : Tracy Chevalier
Editeur : La table ronde/Quai Voltaire, 2000
Nb de pages : 313 pages
Genre : Roman historique

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